Quand le ministre de l’Intérieur anglais Vernon Coaker va visiter la
Suède cette semaine il va rencontrer un tas de gens qui feront de leur
mieux pour exporter la loi suédoise contre l’achat de services sexuels
vers l’Angleterre.
Malheureusement, ils seront malhonnetes et essaieront de le convaincre par
des mensonges et de la propagande ce qui fera de moi une fois de plus
honteuse d’être suédoise.
La motivation originelle des lois contre la prostitution en Suède
n’était pas d’être une mesure contre le trafic mais avec le temps
c’en est devenu l’argument.
Ceci parce que les idées féministes radicales sur lesquelles la loi
était basée ont souvent été questionnées ce qui a mené à ce que la
question du trafic soit toujours plus associée à cette loi comme un moyen
de la défendre. Après tout, tout le monde est contre le trafic, voilà
pourquoi en plaçant le débat à ce niveau ils essaient de réfuter toute
critique.
Dans le dernier rapport officiel sur le trafic d’être humain en vue
d’achat sexuel du Département National d’Investigation Criminel de
Suède, publié en Décembre 2007, la police ne veut pas estimer le nombre
de victimes de trafic en Suède.
Et dans un nouveau rapport du Bureau National Suédois sur la Santé et le
Bien Être, publié en Décembre 2007, on peut lire que les connaissances
sur la prostitution sont très, très faibles au sein de la police et des
autres autorités suédoises. La police et les travailleurs sociaux ne
savent pas combien il y a de travailleuSEs du sexe en Suède. Ils ne savent
pas qui et où ils sont. Et c’est tellement naturel, les travailleuSEs du
sexe évitent d’avoir ces contacts, car nous nous n’avons aucune
confiance en eux.
Les autorités suédoises croient que le travail du sexe va s’arrêter si
on le rend plein de honte, illégal et aussi inhospitalier que possible.
A cause de ces lois et des politiques autour de la prostitution en Suède,
il n’y aucune confiance parmi les travailleuSEs du sexe envers la police,
les travailleurs sociaux et autres autorités. Le besoin qu’auraient les
travailleuSEs du sexe d’une sécurité et d’une légalité sociale
n’est même jamais mentionné dans les débats sur la prostitution en
Suède.
Malgré ces faits, des détectives, travailleurs sociaux, procureurs, et
politiciens expriment très souvent en Suède ce qu’ils croient comme des
faits, même s’ils n’ont aucune preuve quyi soutienne ce qu’ils
prétendent.
On pourrait par exemple trouver quelques uns de ces mensonges et croyances
dans l’article du Guardian, du Samedi 5 Janvier 2008 - How making the
customers the criminals cut street prostitution. Ou en écoutant le
reportage de Rachel Williams
reports from the red light district in Stockholm.
Si les faits évoqués par la police et les procureurs dans cet article et
reportage étaient vrais, ce serait une forte preuve que nos lois en Suède
sont une grande, grande catastrophe dans le combat contre le trafic
d’être humains.
Si ces énnoncés sont vrais nous avons dix fois plus de victimes de trafic
en Suède que ce que la police de notre pays voisin le Danemark estime
qu’ils ont. Mais au Danemark la prostitution est légale.
Si ceci est vrai… nous avons autant de victimes de trafic en Suède que
ce qu’on a trouvé dans l’ensemble des Etats Unis durant les sept
dernières années! Est ce que cela peut être la vérité ? Pourquoi tous
ces mensonges ?
Cette question du trafic est maintenant populaire parmi les politiciens,
c’est également un bon tramplin pour une carrière politique.
Les politiciens aiment être perçus comme fermement opposés au trafic, et
il est de plus facile de soutenir la criminalisation contre les clients.
Car en Suède il n’existe qu’une seule opinion politique correcte chez
les politiciens, la police et les travailleurs sociaux : que la loi contre
l’achat de services sexuels est bonne, qu’elle aide les travailleuSEs
du sexe et est efficace contre le trafic humain
Cette image, basée sur ce que certaines personnes croient et non qu’ils
connaissent de la réalité des faits, est maintenant en train d’être
exportée vers d’autres pays par des mensonges et de la propagande.
Les travailleuSEs du sexe en Suède militent pour la décriminalisation et
de meilleures conditions, parce que les profiteurs de la clandestinité et
les proxénètes fleurissent et que nous préférerions les éviter.
Il est nuisible pour les travailleuSEs du sexe d’être sujets à de
cruels oppressions telles que la discrimination, la violence, et le
stigmate social. Les travailleuSEs du sexe sont discriminéEs, mais les
préjudices et stéréotypes sont préservés. Le stigmate de putain, la
honte sociale entourant le travail du sexe est très, très forte ici en
Suède, plus forte que ce que j’ai rencontré dans les autres pays.
Pour exemple, je voudrais parler d’un débat organisé au sein de notre
parlement le 23 Octobre 2007. C’était un débat sur la résolution prise
par le Conseil de l’Europe début Octobre – Prostitution with stance to
take?
Lors de ce débat, notre ministre de la Justice, Beatrice Ask, a déclaré
(anförande 123) que le problème avec cette résolution est une de ces
clauses déclarant que le Conseil de l’Europe établit que les Etats
membres devraient respecter le libre choix des personnes de travailler en
tant que travailleuSEs du sexe et qu’ils devraient écouter les
travailleuSEs du sexe sur les questions les concernant. Elle pense qu’il
ne le faut pas!
Le ministre Suédois de la Justice déclare ouvertement au sein de notre
parlement que le gouvernement en Suède ne devrait pas écouter les
travailleuSEs du sexe sur les questions les concernant !!!
J’espère sincèrement que les connaissances, les faits, le sens commun
et pragmatique et une politique humaine puissent triompher sur
l’ignorance, le préjudice, le racisme, et l’hystérie morale ou les
ambitions carriéristes des politiciens.
Les pays qui veulent adopter les lois Suédoises sur la prostitution
peuvent calculer que les vols, les maladies, les viols vont augmenter, que
cette politique avec de telles lois va apporter davantage de discrimination
envers les travailleuSEs du sexe et qu’ELLE/ils seront plus effrayéEs de
venir vers la police si ELLE/ils ont besoin d’aide. La communication
entre les travailleuSEs du sexe et les autorités va s’évanouir, la
collaboration va s’aggraver et le trafic sexuel sera plus difficile à
détecter.
Nous avons déjà vu cela arriver en Suède. Ne faites pas la même erreur!
Isabella Lund
travailleuse du sexe Suède
07 Janvier 2008
Plus…
Vous pouvez lire plus sur la situation en Suède sur le site web de SANS.
Un rapport très utile pour obtenir des informations sur la Suède et nos
lois est le rapport norvégien de 2004. Sur mon blogue, on peut lire en
anglais, Les mensonges sur le travail du sexe en Suède, et Comment les
abolitionnistes perdent leur temps !!! <a target="_blank"
href='http://sensuellqkonsult.wordpress.com/category/in-english/'>http://sen
suellqkonsult.wordpress.com/category/in-english/</a>
Ps…
A ceux qui disent que les hommes achètent nos corps qu’ils sont
coupables de préserver une vision inégalitaire sur les femmes, et que
nous sommes objectivées comme des marchandises, Nos protestations qui
prétendent à une opinion différente sont ignorées ou présentées comme
une exception.
Nos clients ne nous oppriment pas, mais nous sommes oppriméEs par votre
point de vue ! Comment pourrons nous atteindre l’égalité si de tels
préjugés et stéréotypes sont permis et persistent ?
Il est anti féministe de dire que les hommes devraient être responsables
pour ma décision à moi en tant que femme et travailleuse du sexe.
Pourquoi les hommes devraient ils être responsables de mon choix de
travailler avec mon sexe, parce que je suis une femme qui aime le sexe ?
Pss…
Au printemps 2007 les journaux suédois Aftonbladet et Expressen ont
publié un sondage d’opinion des lecteurs qui montre que le soutien en
faveur de la loi en Suède est seulement 36%. La plupart des Suédois
veulent décriminaliser la prostitution.
La lacheté pose la question, “Est ce sûr?”L’opportunité pose la
question, “Est ce prudent ?.” La Vanité pose la question, “Est ce
populaire?.” Mais, la conscience pose la question, “Est ce juste?.”
Et il vient un temps où l’on doit prendre une position qui n’est ni
sûre, ni prudente, ni populaire, mais que quelqu’un doit prendre parce
que sa conscience lui dit que c’est juste.
Martin Luther King, Jr.
Aucun homme ne traite une voiture aussi follement qu’il traite un autre
être humain. Quand la voiture n’avance pas, il n’attribue pas son
comportement ennuyeux à un péché, il ne dit pas ’tu es une mauvaise
voiture et je ne devrais plus jamais te donner d’essence jusqu’à ce
que tu avances. Il essaie de trouver ce qu’i ne fonctionne pas et le
répare.
Bertrand Russell